Des particuliers aux collectivités
Chez les particuliers, en maison ou en appartement, une invasion de rongeurs, de punaises de lit ou de cafards pèse vite sur la santé et sur le moral du foyer. L’intervention se fait avec discrétion, dans des conditions de sécurité pensées pour les enfants et les animaux de compagnie ; la page services aux particuliers en décrit le déroulé.
Les professionnels et les collectivités se répartissent en grandes familles : métiers de bouche, commerces et entrepôts alimentaires, hôtellerie, santé et petite enfance, bureaux, immeubles gérés par un syndic ou une régie. Les enjeux d’une boulangerie ne sont pas ceux d’un hôpital. Le choix des produits et des méthodes part donc d’une analyse du site et de l’activité qui s’y exerce, sans traitement standard appliqué partout. Chaque secteur a sa page ; toutes sont réunies dans la liste qui suit ce texte.
Ce qui change d’un secteur à l’autre
Métiers de bouche, commerces et entrepôts alimentaires
Les restaurants et les traiteurs inscrivent la lutte contre les nuisibles dans la démarche HACCP, présentée plus bas : elle doit être organisée, et prouvée par écrit. Les passages peuvent avoir lieu en dehors des heures de service. Pour les boulangeries et les pâtisseries, la protection se renforce autour des réserves de farine et des laboratoires de fabrication, contre les rongeurs et les insectes des denrées stockées.
Les épiceries, boucheries et supermarchés reçoivent un plan de sanitation complet, qui protège les rayons et les stocks contre les contaminations. Dans les entrepôts alimentaires, un cordon sanitaire est mis en place pour éviter que les nuisibles n’atteignent les zones de stockage.
Hôtellerie
Les protocoles appliqués aux hôtels et aux gîtes sont préventifs autant que curatifs, en particulier contre les punaises de lit. Les interventions se déroulent discrètement, pour ne pas alerter la clientèle.
Santé et petite enfance
Les hôpitaux, cliniques et EHPAD accueillent des patients parfois immunodéprimés : les protocoles sanitaires en tiennent compte, avec des produits homologués et une trace écrite de chaque intervention. Les traitements menés dans les écoles et les crèches sont adaptés à la présence de jeunes enfants, et les méthodes douces y sont privilégiées lorsque c’est possible.
Bureaux et immeubles
Dans les bureaux et les locaux d’entreprise, les traitements visent les espaces de pause, les faux plafonds et les zones techniques, pour que les salariés travaillent dans un cadre sain.
En copropriété, le travail porte sur les parties communes : caves, locaux poubelles, cours. Des contrats annuels de maintenance visent à prévenir les infestations à l’échelle de l’immeuble ; les régies et syndics ont leur propre page.
Les métiers de bouche et la démarche HACCP
HACCP signifie Hazard Analysis Critical Control Point : l’analyse des dangers et la maîtrise des points critiques. Le règlement européen (CE) n° 852/2004 impose aux exploitants du secteur alimentaire des procédures fondées sur cette méthode, avec des documents et des enregistrements qui en gardent la trace.
Une cuisine propre ne suffit donc pas ; il faut aussi pouvoir le démontrer. C’est le rôle du plan de maîtrise sanitaire (PMS), le dossier qui rassemble ces procédures et leurs enregistrements, et que l’inspection demande à consulter.
Les nuisibles y occupent une place particulière, car ils présentent deux types de dangers. Le danger est biologique quand une souris passe sur un plan de travail et y laisse urine et déjections, porteuses de bactéries comme les salmonelles ou les leptospires ; il est physique quand une crotte de rat ou une blatte morte se retrouve dans une assiette. La présence de nuisibles constatée lors d’une inspection de la DDPP du Rhône (direction départementale de la protection des populations) peut conduire à une fermeture administrative.
Les documents et le contrat annuel
Lorsqu’un inspecteur consulte le classeur chez un client, ses questions portent sur quatre points :
- un contrat passé avec un professionnel, justifié par des factures (un insecticide acheté en grande surface n’en tient pas lieu) ;
- un plan d’appâtage, c’est-à-dire un plan des locaux sur lequel chaque poste, contre les rongeurs ou les insectes, porte un numéro ;
- les fiches de données de sécurité (FDS) des produits employés ;
- un rapport daté et signé à chaque passage, qui consigne ce qui a été constaté : consommation d’appât, présence de nuisibles, ou rien à signaler.
Le contrat annuel destiné aux professionnels de l’alimentation couvre ces quatre points. Il prévoit de quatre à douze passages préventifs par an, selon le niveau de risque ; en cas d’alerte entre deux passages, l’intervention est comprise, dans les conditions prévues au contrat. Le classeur de suivi est fourni et tenu à jour. Les passages ont lieu aux heures creuses, discrètement, car des nuisibles peuvent nuire à l’image d’un établissement.
J’assure moi-même chaque passage : d’une visite à l’autre, l’établissement garde le même interlocuteur. Mon certificat Certibiocide, n° 054560, est celui qu’exige l’emploi des produits biocides professionnels. Les urgences sont prises en charge tous les jours, à Lyon et dans l’est lyonnais, avec un passage souvent dans la journée et, à défaut, sous 24 h.
Questions des professionnels
Un contrat avec un professionnel est-il obligatoire ?
La réglementation n’impose pas de contrat en tant que tel : elle demande une lutte contre les nuisibles organisée, dont on puisse montrer la trace. En pratique, sans contrat avec un professionnel, il est difficile d’en apporter la preuve à l’inspecteur : c’est l’une des premières pièces demandées en cas de problème.
Comment se calcule le prix d’un contrat annuel ?
Il varie avec la surface des locaux et la nature des denrées stockées. Le montant fait l’objet d’un devis, établi après une visite de l’établissement.
Je n’ai jamais vu de rat : un contrat est-il utile ?
Oui : c’est le principe de la prévention. Le jour où un rat se montre, les rongeurs sont souvent déjà installés dans les murs ; la démarche HACCP demande justement de maîtriser un risque avant qu’il ne se réalise.