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Piégeage du frelon asiatique : la période, le piège et ses limites

Le piégeage de printemps vise les reines fondatrices du frelon asiatique, de mars à la mi-mai. Son efficacité n’est pas démontrée, et le Muséum national d’histoire naturelle le déconseille hors d’un cadre scientifique ; il ne se conçoit qu’avec des pièges sélectifs, d’abord près des ruchers.

Publié le 25 mars 2026 · Éric Bessa

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Un frelon posé sur une branche

Au printemps, les reines fondatrices

À la sortie de l’hiver, les reines sortent d’hibernation, seules et affamées : elles cherchent du sucre, puis bâtissent un nid primaire, point de départ de la future colonie. Le piégeage de printemps les vise à ce moment-là, avant que la colonie ne grandisse ; à la fin de l’été, un nid peut abriter plusieurs milliers de frelons. Passé le mois de mai, il perd son intérêt, car les reines ne quittent plus le nid et seules les ouvrières en sortent.

Une efficacité discutée

Le Muséum national d’histoire naturelle déconseille ce piégeage en dehors d’un cadre scientifique et, s’il a lieu, le limite aux abords des ruchers qui ont subi des pertes. Un gros nid produit plus de 500 futures reines, et la mortalité des fondatrices atteint son maximum au printemps, en grande partie à cause de la concurrence entre elles pour un nid : en supprimer quelques-unes laisse la place à d’autres. Les pièges posent un second problème : dans les études menées avec des pièges en bouteille ou en cloche, plus de 99 % des insectes capturés appartenaient à d’autres espèces (avis du Muséum).

Les conditions d’un piégeage sélectif

La loi du 14 mars 2025 a institué un plan national de lutte contre le frelon asiatique, qui prévoit un « piégeage sélectif ». Ce plan le recommande là où le frelon est abondant, près des ruchers touchés et des endroits où des nids ont été trouvés, pendant deux mois au plus autour de la mi-avril. Il retient des pièges en nasse munis de cônes d’entrée, qui gardent les frelons et laissent ressortir la plupart des autres insectes ; les pièges en bouteille, en cloche ou en bocal sont à éviter, même modifiés. Dans la région, la FRGDS Auvergne-Rhône-Alpes, qui recueille les signalements de nids, cantonne le piégeage de mars à la mi-mai et conseille de l’arrêter dès que les autres espèces dépassent 30 % des captures.

Dans un jardin, signaler plutôt que piéger

Pour un particulier qui découvre un nid, l’Assurance maladie déconseille d’installer des pièges en bouteille : ils tuent d’autres insectes et n’ont presque aucun effet sur le nid visé. Le geste le plus utile consiste à signaler le nid à la mairie, ou sur la plateforme régionale frelonsasiatiques.fr. L’article frelon asiatique ou européen donne les critères pour s’assurer de l’espèce.

Un nid déjà formé

Des allées et venues régulières sous un toit ou dans un arbre signalent un nid déjà formé. Un piège posé près de la terrasse ne ferait alors qu’y attirer davantage de frelons : seule la destruction du nid règle le problème, et le plus sûr est de ne pas s’en approcher. La méthode est décrite sur la page Guêpes et frelons.

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