Dans la cuisine : cafards et fourmis
Les cafards, qu’on appelle aussi blattes, recherchent l’obscurité et l’humidité. Ils passent la journée dans les fissures et les interstices, et sortent la nuit pour se nourrir des résidus alimentaires ; on les surprend souvent en allumant la lumière. Leurs déjections, de petits points noirs, et leurs mues trahissent leur présence dans les placards et le long des plinthes. Le risque est d’abord sanitaire : ils portent des bactéries qui peuvent contaminer les aliments, et leurs excréments contribuent à propager des maladies. Comprendre d’où vient une invasion de cafards aide aussi à éviter son retour.
Les fourmis se signalent autrement. Attirées par la nourriture, elles tracent des chemins bien visibles jusqu’aux miettes ou au sucre. On les juge souvent inoffensives ; certaines espèces contaminent pourtant les denrées, comme la fourmi pharaon dans les cuisines. Les invasions de fourmis surviennent surtout au printemps : après un hiver passé au ralenti dans le nid, la colonie a besoin de nourriture pour ses larves, et les ouvrières viennent la chercher jusque dans les cuisines.
Les insectes qui piquent : punaises de lit et puces
Les punaises de lit ne transmettent pas de maladie, mais leurs piqûres démangent fortement et troublent le sommeil. Elles arrivent souvent avec des vêtements, un meuble d’occasion ou une valise, après une nuit d’hôtel ou un séjour en location, puis se glissent dans des recoins si étroits qu’elles en deviennent difficiles à déloger. Des boutons groupés ou alignés au réveil, des points sombres sur les draps ou dans les coutures du matelas sont les premiers signes d’une infestation.
Les puces, elles, arrivent souvent avec un animal de compagnie et piquent surtout les chevilles et le bas des jambes. Leurs œufs et leurs nymphes échappent aux remèdes faits maison ; le traitement professionnel des puces vise aussi ces deux stades.
Dans le bois : les termites
D’autres insectes s’en prennent au bâtiment lui-même : les termites se nourrissent de la cellulose du bois et des matériaux qui en contiennent. Ils vivent en colonies et creusent leurs galeries à l’intérieur des pièces de bois, si bien que leur activité peut passer inaperçue pendant des années, jusqu’à ce que les dégâts deviennent importants et coûteux. Comme ces dégâts se découvrent tard, le traitement d’une infestation de termites revient à un professionnel.
Guêpes, frelons, chenilles et insectes volants
Dehors, un va-et-vient d’insectes toujours au même point trahit la présence d’un nid de guêpes ou de frelons, sous les tuiles, dans un mur, dans la terre ou en haut d’un arbre. Les frelons commencent le leur au printemps, comme le rappelle l’article sur les invasions du printemps à Lyon, puis il s’agrandit chaque jour. Le déranger, même par mégarde, expose à une attaque groupée et à des piqûres multiples, parfois graves : la destruction d’un nid reste un travail de professionnel.
De février à mai, les chenilles processionnaires du pin quittent leur nid, un cocon blanc accroché aux branches, et descendent en file le long du tronc pour s’enterrer. Leurs poils urticants menacent les enfants et, davantage encore, les chiens et les chats, d’où l’intérêt de traiter l’arbre avant cette descente.
Installé dans le Rhône, le moustique tigre pique en plein jour et peut transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Ses larves se développent dans la moindre eau stagnante : la coupelle d’un pot de fleurs suffit. Les mouches, elles, transportent des germes, qu’elles déposent sur les aliments après s’être posées sur des déjections ou des déchets ; moustiques, mouches et moucherons se traitent chacun à sa source.
Quand une désinsectisation professionnelle s’impose
Quelques insectes isolés s’éliminent parfois avec des moyens domestiques, comme des pièges collants ou attractifs, peu coûteux et faciles à installer. Trois signes indiquent en revanche une infestation installée :
- des insectes qui se multiplient rapidement, ou que l’on voit de plus en plus souvent ;
- des traces de leur présence dans les pièces à vivre ;
- des dégâts visibles sur le bois ou la structure de la maison.
Dans ces cas, l’infestation est souvent plus profonde qu’il n’y paraît : un traitement professionnel vise alors, au-delà des insectes visibles, les nids et les œufs cachés. Certains insectes justifient même une intervention dès qu’ils sont repérés : les punaises de lit, les cafards et les termites, dont les effets sur la santé ou sur le bâti sont insidieux, ainsi qu’un nid de guêpes ou de frelons, dangereux à approcher. Pour un restaurant, un hôtel ou un commerce, la présence d’insectes peut aussi ternir la réputation de l’établissement et lui faire perdre des clients.
Un insecticide n’est pas un produit anodin. Employé sans précaution, il expose les occupants, en particulier les enfants et les animaux domestiques. En intervention, les biocides professionnels homologués s’appliquent dans le respect de leur autorisation, et les consignes de sécurité (le délai à respecter avant de réoccuper une pièce traitée, l’aération) sont données avant de commencer.
Pour choisir un professionnel, trois points se vérifient : sa certification, ses interventions passées et les avis de ses clients. Les biocides professionnels ne peuvent être employés que par le titulaire d’un certificat individuel, le Certibiocide ; je le détiens sous le n° 054560. Un professionnel sérieux explique aussi la méthode qu’il emploie, et ce qu’il faut faire après son passage.
Quelques photos suffisent souvent à identifier l’insecte, et ce premier diagnostic est gratuit. Les méthodes de désinsectisation, du gel appât à la vapeur sèche, et les prix des principales interventions sont réunis sur une page dédiée.
Ce qui attire les insectes, et comment limiter le risque
La plupart des insectes de la maison cherchent les mêmes choses : de quoi se nourrir, de l’eau et un abri. La prévention consiste à leur en laisser le moins possible.
Dans la cuisine et la salle à manger, les résidus alimentaires attirent de nombreux insectes. Un nettoyage régulier des surfaces, des aliments conservés dans des boîtes hermétiques et des poubelles vidées souvent leur retirent l’essentiel. L’humidité compte tout autant. Une fuite, une gouttière bouchée ou un évier qui s’écoule mal crée un milieu favorable aux cafards et aux fourmis : mieux vaut y remédier sans tarder.
Restent les entrées. Reboucher les fissures des murs et des fondations, et les interstices autour des fenêtres, ferme le passage aux insectes rampants ; des moustiquaires aux fenêtres et aux portes arrêtent les insectes volants. Un meuble d’occasion, enfin, gagne à être examiné avant d’entrer dans le logement, coutures et recoins compris, car c’est l’une des voies par lesquelles arrivent les punaises de lit.
Ces précautions réduisent le risque sans l’écarter tout à fait : une infestation peut toucher un logement très bien tenu.