Pourquoi les fourmis entrent au printemps
Pendant l’hiver, les fourmis restent terrées dans leur nid, à l’abri du froid, et vivent au ralenti. Au retour de la douceur, les besoins de la colonie augmentent d’un coup : la reine reprend la ponte, et les nouvelles larves doivent être nourries pour grandir. Les ouvrières partent alors en éclaireuses, à la recherche de ressources pour le nid.
Lorsqu’une éclaireuse découvre une nourriture facile d’accès (des miettes sucrées, un reste de viande, une poubelle mal fermée), elle dépose des phéromones sur le chemin du retour. Ces signaux chimiques guident les autres ouvrières jusqu’à la source. En quelques heures, une file continue relie le nid à la cuisine, et traverse parfois le salon.
Limiter leur venue
La file suit la nourriture : la première mesure consiste donc à mettre hors d’atteinte ce qui l’attire. Au printemps, cela suppose surtout :
- des aliments sucrés rangés dans des boîtes qui ferment ;
- des miettes et des traces sucrées essuyées sans attendre, sur les plans de travail comme au sol ;
- aucun reste de viande laissé à l’air libre ;
- une poubelle bien fermée.
Il est préférable de réagir dès les premières files, avant que la colonie ne s’installe dans les murs ou les fondations.
Les limites des remèdes de grand-mère et des aérosols
Face à une file de fourmis, le premier réflexe consiste souvent à employer du vinaigre blanc, du citron ou du marc de café, ou à vider une bombe insecticide achetée en grande surface. Ces moyens repoussent les ouvrières ou tuent celles qui sont visibles, sans toucher à la source du problème : à l’abri dans le nid, la reine continue de pondre, et les ouvrières perdues sont remplacées. Pour éliminer un nid, le traitement doit atteindre le cœur de la colonie.
Un appât que les ouvrières rapportent au nid
À l’intérieur d’un logement, je n’utilise pas d’aérosol contre les fourmis. Le traitement professionnel se fait au gel appât, un biocide très spécifique que mon Certibiocide (n° 054560) m’autorise à employer. Il repose sur la trophallaxie, l’échange de nourriture de bouche à bouche entre les fourmis d’une même colonie :
- les ouvrières sont attirées par le gel et le consomment ;
- le produit n’agit pas aussitôt, ce qui leur laisse le temps de regagner le nid ;
- elles le partagent avec le reste de la colonie, reine comprise ;
- en quelques jours, le nid entier est détruit de l’intérieur.
Les étapes d’une intervention, et la façon dont son prix est fixé, figurent sur la page consacrée aux fourmis à Lyon et à Bron. Certaines espèces résistent davantage, comme la Tapinoma magnum présentée dans l’article Invasions du printemps à Lyon.