La leptospirose, ou « maladie du rat »
La bactérie en cause se trouve dans l’urine des rongeurs infectés. Nul besoin d’être mordu : elle peut pénétrer par une petite coupure ou par les yeux, après un contact avec un objet souillé d’urine, comme du bois rentré pour la cheminée.
La maladie débute comme une grippe brutale, avec une forte fièvre et des courbatures. Elle se soigne par antibiotiques ; sans traitement rapide, elle peut atteindre les reins et le foie, jusqu’à provoquer une jaunisse, et ses formes graves peuvent être mortelles. Depuis août 2023, la leptospirose fait partie des maladies à déclaration obligatoire en France.
Salmonellose et E. coli : le risque en cuisine
Le rat passe des égouts aux plans de travail, dans une cuisine familiale comme dans celle d’un restaurant, et peut y déposer des bactéries comme les salmonelles ou E. coli. Elles provoquent des gastro-entérites parfois sévères, qui peuvent conduire à une hospitalisation chez les enfants et les personnes âgées. Lorsque des crottes apparaissent dans un placard à nourriture, le plus sûr est de jeter tout ce qui n’était pas protégé par un contenant hermétique, comme une boîte de conserve.
Hantavirus : le danger des poussières
Certains rongeurs portent aussi des hantavirus, qui se transmettent par l’air : c’est en respirant la poussière soulevée par un balai ou un aspirateur, sur des crottes sèches, que l’on se contamine. Dans ses formes graves, l’infection peut entraîner une fièvre hémorragique. Mieux vaut donc toujours humidifier la zone à l’eau de Javel avant de nettoyer, avec un masque FFP2 ; le guide des crottes de rat et de souris décrit la méthode pas à pas.
Un département exposé : l’eau, le bâti ancien, la densité
Plusieurs facteurs favorisent, dans le département, les rats et les maladies qu’ils portent. Le Rhône, la Saône et les nappes phréatiques entretiennent l’humidité où survit la bactérie de la leptospirose, et le risque augmente après une crue ou de fortes pluies. Dans les vieux immeubles, des réseaux d’égouts vieillissants laissent plus facilement les rats remonter jusqu’aux caves. La densité urbaine joue aussi : des déchets accessibles nourrissent les colonies et favorisent leur reproduction.
Les précautions en attendant l’intervention
En cas de doute, quelques précautions limitent les risques :
- aucune manipulation à mains nues, mais des gants de ménage épais ;
- une désinfection à l’eau de Javel des zones de passage ;
- des trous bouchés avec de la paille de fer, que les rats ne peuvent pas ronger ;
- aucun poison posé au hasard, dangereux pour les animaux domestiques.
Pour les mêmes raisons, j’interviens en combinaison. Après le traitement, une désinfection des surfaces, avec des produits virucides et bactéricides, peut compléter l’intervention ; la page désinfection et décontamination en décrit les modalités.
