Rats et souris : les espèces en cause
Dans les habitations, la dératisation vise surtout trois espèces : le rat brun (Rattus norvegicus), le rat noir (Rattus rattus) et la souris domestique (Mus musculus). Les deux espèces de rats sont attirées par la nourriture qu’elles trouvent auprès de l’homme et s’accommodent de presque tous les milieux, des égouts aux caves, et jusqu’aux greniers. La souris recherche plutôt les recoins sombres et isolés, ce qui ne l’empêche pas de s’aventurer dans les pièces de vie dès qu’elle y trouve à manger.
Leur reproduction explique qu’une infestation s’aggrave vite. En théorie, une femelle de rat peut mettre bas toutes les trois semaines, jusqu’à quatorze petits par portée ; la souris, qui a plusieurs portées par an, se multiplie à une vitesse comparable. Comme ces animaux savent aussi se cacher, un traitement qui dure suppose de connaître leurs habitudes : l’endroit où ils nichent, le chemin qu’ils empruntent.
Les éliminer est d’abord une question de santé. Les rongeurs souillent ce qu’ils approchent, et leur urine comme leurs déjections peuvent transmettre plusieurs maladies, décrites sur la page maladies du rat ; les puces et les tiques qu’ils portent peuvent passer aux animaux domestiques comme aux personnes. Ils gâtent aussi les réserves de nourriture, et s’attaquent aux fils électriques et aux tuyaux. Dans un restaurant, un commerce ou un établissement de santé, leur présence peut en outre nuire à la réputation, entraîner des pertes et exposer à des sanctions réglementaires.
Les signes d’une infestation
On découvre les rongeurs à leurs traces bien plus souvent qu’en les voyant. Les crottes sont en général le premier indice : on les trouve près des nids, dans les coins ou sous l’évier. Celles du rat, oblongues, sont bien plus grosses que celles de la souris, et leur nombre donne une idée de l’ampleur de l’infestation ; le guide d’identification des crottes aide à faire la différence.
S’y ajoutent des traces de dents sur le bois, le plastique ou les fils, des grattements et des couinements la nuit, quand les rongeurs sont le plus actifs, enfin une odeur forte et musquée, qui s’accentue avec le temps. Toujours en quête de nourriture, ils finissent aussi par atteindre les placards et les réserves mal protégés : des emballages percés et des restes éparpillés en sont la marque. Le billet consacré aux signes d’une infestation de rongeurs y ajoute les nids de papier ou de tissu.
Les méthodes de dératisation
Les méthodes se rangent en trois familles. Le choix dépend de chaque situation, et un traitement complet en combine souvent plusieurs.
Les rodenticides
Les rodenticides, ou raticides, sont des appâts empoisonnés, présentés en granulés, en pastilles ou sous forme liquide. Contre une colonie installée, ils passent pour les plus efficaces. Ils comportent aussi des risques : un enfant ou un animal domestique peut en avaler, et un emploi mal maîtrisé peut rendre les rongeurs résistants au produit. Pour ces raisons, les biocides professionnels, que seuls les titulaires du Certibiocide peuvent employer, sont disposés dans des boîtes verrouillées, à l’épreuve des enfants et des chiens.
Leur effet ne s’arrête pas toujours au rongeur visé. Un oiseau ou un mammifère peut s’intoxiquer en avalant un appât, ou en mangeant un rongeur empoisonné, parfois jusqu’à en mourir, et les eaux de ruissellement peuvent entraîner ces substances vers les milieux aquatiques. Pour protéger la faune et ces milieux, l’Union européenne contrôle et limite strictement l’usage de certaines d’entre elles. Il est préférable, chaque fois que c’est possible, de retenir la méthode la moins nocive ; les biocides que j’utilise sont des produits homologués, employés dans les limites fixées par leur autorisation.
Les pièges et les répulsifs
Les pièges mécaniques et les cages, dont certaines capturent l’animal vivant, agissent sans produit chimique, ce qui écarte le risque d’intoxication. Ils demandent en revanche du temps et des relevés réguliers, et ne mettent pas toujours fin à l’infestation ; une tapette posée à découvert peut en outre blesser les doigts d’un enfant. Les répulsifs électroniques ont, quant à eux, des limites que détaille la page consacrée aux ultrasons.
La prévention
La troisième famille agit en amont, en privant les rongeurs d’accès, de nourriture et d’abri ; c’est elle qui, sur la durée, évite le mieux les infestations, et ses gestes sont détaillés plus bas.
Les limites du fait maison
Traiter soi-même peut sembler économique : pièges, raticides et répulsifs du commerce peuvent coûter de 50 à 200 € environ, selon les produits et l’ampleur de l’infestation. Le temps passé est pourtant important, pour un résultat parfois provisoire : faute de diagnostic, le nid peut échapper aux recherches, et les passages restent ouverts à d’autres rongeurs. Un appât du commerce posé sans boîte reste en outre à la portée d’un enfant ou d’un chien.
L’intervention d’un professionnel
Des crottes, des grattements ou des traces de dents justifient un diagnostic, sans attendre d’avoir vu l’animal. Le professionnel identifie l’espèce, évalue l’étendue de l’infestation et choisit la méthode en conséquence. Le prix d’une dératisation varie avec la surface et l’ampleur de l’infestation, entre 110 et 150 € pour un appartement, entre 110 et 400 € pour une maison ; le diagnostic et le déroulé d’une intervention sont détaillés sur la page dédiée à la dératisation.
Pour choisir un prestataire, les avis en ligne et les recommandations de l’entourage donnent une première indication. Le Certibiocide, certificat individuel obligatoire pour employer les biocides professionnels, en fournit une plus sûre ; le mien porte le n° 054560. L’assurance de responsabilité civile professionnelle est un autre point à vérifier ; la mienne est souscrite auprès de Generali, et ses références figurent dans les mentions légales. Trois questions méritent ensuite d’être éclaircies avant de s’engager :
- les méthodes prévues, c’est-à-dire les produits employés, l’emplacement des appâts et les précautions prises pour les enfants et les animaux ;
- la garantie, ce qu’elle couvre et si elle figure par écrit ;
- le suivi, une fois l’intervention terminée.
Un prestataire qui les explique clairement avant de commencer donne déjà un gage de sérieux. Sur mes devis, la garantie de résultat est écrite, avec ses conditions, et je reste joignable après mon passage, par téléphone ou par WhatsApp.
Pour un commerce ou une entreprise, un contrat d’entretien prévoit des passages réguliers ; il représente un coût récurrent, mais aide à prévenir les infestations suivantes, et s’établit sur devis. Une infestation laissée en place a aussi un coût, pour la santé, l’hygiène et la valeur du bien.
Prévenir le retour des rongeurs
Les rongeurs s’installent là où ils trouvent de la nourriture et un abri. Avant comme après un traitement, la prévention tient donc à quelques habitudes et à des travaux souvent modestes :
- les aliments rangés dans des contenants hermétiques, les miettes et les restes nettoyés aussitôt ;
- une poubelle à pédale au couvercle bien ajusté, et des déchets sortis régulièrement ;
- des abords entretenus, sans détritus entassés ni végétation envahissante le long des murs et des allées ;
- les fentes et les trous des murs, des fondations et du pourtour des fenêtres bouchés avec un matériau qui résiste à leurs dents (mastic armé de fibres métalliques, paille de fer), ou fermés par un grillage métallique.
Un contrôle régulier des lieux limite ensuite le risque d’une nouvelle infestation. L’approche de l’hiver, quand les rongeurs cherchent à entrer, se prête bien à cette vérification ; le billet sur les rongeurs en hiver indique les endroits à surveiller.
